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Selon le Larousse, communiquer c’est : « faire passer quelque chose, le transmettre, le partager. »

C’est grâce à la communication que nous échangeons avec les personnes et le monde autour de nous.

Bien sûr, nombres d’espèces ont un moyen de se transmettre des messages d’un individu à l’autre.

Mais rares sont celles qui ont développé des systèmes aussi riches et complexes que les nôtres pour y parvenir.

Nos téléphones, nos mails, les réseaux sociaux, tant d’outils à notre disposition pour partager nos mots et, à travers eux, nos idées. Mais tout cela ne suffit pas pour une communication réussie.

Quand plusieurs personnes parlent ensemble, que ce soit en tête à tête ou par le biais d’une télécommunication, il y a toujours, de prime abord, des incompréhensions.

Celles-ci peuvent malheureusement dégénérer. Deux personnes qui s’insultent, un couple qui se sépare, des gens qui se tapent dessus … Il peut y avoir à l’origine de cela des intérêts antagonistes, ou seulement un problème de compréhension. Autrement dit : une communication défaillante.

Il y a quelques années, avec ma compagne de l’époque, certaines choses ont créé des conflits entre nous.

Alors qu’elle me disait aller souvent au cinéma, je lui répondais que j’y allais rarement, bien que j’aimais cela et donc que je pouvais changer mon habitude. J’avais à peine fini cette phrase que je voyais son visage se crisper et son corps marquer un mouvement de recul. Elle me répondait plus sèchement et semblait dérangée par quelque chose.

Lors d’une autre discussion, je découvrais qu’elle n’était pas très sportive. De mon côté, je lui décrivais ma pratique de l’escalade dans la semaine et le week-end, en fonction des saisons. Elle m’a alors indiqué qu’elle souhaitait que nous ayons du temps libre en commun, le voulant aussi, je lui ai dit que je pouvais changer cette routine. Je m’attendais à ce qu’elle s’en réjouisse. Mais là encore elle se refermait et coupait court à la discussion.

Dans ces deux cas, et dans d’autres, de longues explications ont été nécessaires pour apaiser la situation.

Mais tout cela me paraissait être un mystère. Ses réactions me désarçonnaient.

Comme j’aime bien comprendre les choses, je lui en ai parlé.

Elle avait également remarqué qu’elle se mettait parfois en colère alors même que nous mettions en place des compromis qui nous satisferaient tous les deux, mais elle ne savait pas pourquoi.

Nous avons continué à discuter de cela. De plus en plus … jusqu’à comprendre.

Comprendre qu’au delà des phrases que nous échangions et de leur signification globale, chaque mot portait aussi son propre sens.

Nous avons alors identifié le problème. Pour elle, le mot « changer » signifiait un changement radical, comme un demi tour. À chaque fois que j’employais ce mot, son esprit ne pouvait s’empêcher d’imaginer que j’allais devenir quelqu’un de totalement différent. Et donc, que je ne serais plus l’homme qu’elle aimait.

Nous ne mettions pas la même signification derrière ce mot. C’est là que naissait notre incompréhension, alors même que nous étions d’accord sur le fond des choses.

Dès lors, nous avons pu nous mettre d’accord sur une formulation qui ferait passer l’intention que j’avais. C’est ainsi qu’au lieu de « changement » j’ai proposé de parler d’ « évolution ». Ce mot lui semblait plus doux, comme une simple correction de trajectoire, et elle n’avait plus l’impression que j’allais devenir un inconnu.

Ce mot « changer » a révélé les problèmes que peuvent poser ces petites briques fondamentales avec lesquelles nous construisons nos phrases. Il rentrait dans ces deux catégories de mots qui peuvent engendrer des problèmes de communication :

  • Les « mots piégés »
  • Les « mots concept »

Les « mots piégés » sont ceux qui ont dévié de leur sens originel par nos expériences et/ou par la charge affective que nous y apportons. « Changer » lui rappelait des personnes qui lui avaient dit ça et étaient devenues tellement différentes que leurs relations se sont brisées. Quand j’utilisais ce mot, elle avait peur de revivre ça.

Les « mots concept » sont ceux qui n’ont pas un sens clair et concret. Ils représentent des concepts ou des idées assez larges pour que chacun y mette sa propre définition. Elle voyait le changement comme une révolution, moi comme une évolution. Et cette nuance amenait un malentendu entre nous.

Quand vous communiquez avec quelqu’un, soyez attentif aux réactions qui se produisent chez ceux et celles qui vous entendent ou vous lisent.

Si vous percevez une réaction qui est en décalage avec votre intention ou ce que vous souhaitez partager, vous pouvez poser deux types de questions, pour comprendre ce qui se passe :

  • Y’a t’il un mot, en particulier, qui a déclenché cette réaction ? (Ce qui vous permettra d’identifier les « mots piégés »)
  • Quel sens apporte la personne à ce qu’elle a entendu ou lu ? (Ce qui vous indiquera le « mot concept » à expliciter)

Interrogez-vous aussi sur les mots qui vous font réagir d’une manière particulière ou ceux qui représentent des choses spéciales pour vous. Cela vous aidera à être plus clair dans l’expression de vos idées et à mieux vous faire comprendre. Il sera alors plus facile d’instaurer une relation de confiance avec vos interlocuteurs et interlocutrices.

Une astuce concernant les « mots concept » pour finir : si vous n’arriveriez pas à dessiner ce que vous dites, ou si un acteur ne pourrait jouer fidèlement la situation, c’est que le mot que vous employez n’est pas encore assez concret. Cela laisse donc la place à une interprétation différente par l’autre de ce que vous souhaitez dire.

Et si, au final, l’échange reste conflictuel, c’est que vous n’êtes pas en phase avec cette personne. On ne peut pas être d’accord sur tous les sujets ni avec tout le monde. Mais au moins vous aurez exprimé clairement votre point de vue.

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